C’est quoi être HPI ?
— C’est être trop tout, ne pas se sentir à sa place nulle part et à aucun moment. S’entendre dire: « Tues trop compliqué, tu parles trop, tu crois tout savoir » ou « tu pourrais répondre quand je te parle ! »
— C’est comprendre très vite la dimension de chaque situation – un mot, un geste, une émotion, une histoire, un contexte et les conséquences présentes ou futures – avec une hypersensibilité intense et profonde, à la vitesse de la lumière (c’est une expression). Puis essayer une explication en ayant l’impression de parler une langue venue d’une tout autre planète.
Ou bien se taire, parce que ça va trop vite dans le cerveau : « Plus de clarté, plus de concision, moins de grand n’importe quoi ! » réclame l’autre monde, celui des neurotypiques.
L’une ou l’autre de ces attitudes ne sera, quel que soit le choix, jamais comprise.
Etre HPI, c’est aussi:
Avoir des réactions intenses. Un moment positif devient une fête, un moment négatif et c’est la fin du monde : « Calme-toi ! ».
— C’est se sentir capable de sauver tout le monde: « Mais on ne t’a rien demandé ! »
— C’est cultiver la complexité pour ne pas s’ennuyer, avec un besoin viscéral de tout comprendre – surtout quand il est possible de faire autrement –, avec un besoin absolu de cohérence : « La vie, c’est déjà assez compliqué sans que tu en rajoutes ! » « Non, moi j’essaie justement de décomplexifier, même si je ne sais pas comment l’expliquer pour que tu comprennes… »
— C’est être très sensible à l’injustice et à la trahison: « N’importe quoi, qu’est-ce que tu vas chercher ? »
— C’est voir large, ressentir loin, agir juste. Voir les limites, trouver des stratégies de dépassement : « C’est pascomme ça que ça marche, ça se saurait ! »
— C’est se sentir comme un poisson dans un bocal alors que la puissance de traverser l’océan est là : « Plus fort que tout le monde, hein ? »
— C’est être plus anxieux que la moyenne : « Évidemment, tu es trop ! »
— C’est souffrir d’hyperesthésie : trop d’odeurs, trop de bruit, trop de mouvement : « C’est pénible, tu sais. Tu ne serais pas asocial ? »
Et pour tout cela, c’est se sentir coupable d’être différent, de ne pas pouvoir s’adapter – car c’est impossible.
Alors la seule solution devient de cacher tous ces fonctionnements, douter, se réduire pour ne pas disparaître. Et, à d’autres moments, se révolter.
Et, quoi qu’il arrive, d’aller mal, voire très mal.
Précision importante sur ma pratique
Je ne fais pas passer de tests de QI. Les psychologues spécialisés en psychométrie sont là pour cela, et leur expertise est essentielle dans ce processus de détection.
Les bilans psychométriques formels ont toute leur importance : ils permettent non seulement de confirmer ou d’infirmer un Haut Potentiel Intellectuel, mais aussi de révéler d’autres particularités cognitives ou difficultés associées qui ne relèvent pas du HPI – comme des troubles dys, un TDAH, ou d’autres spécificités du fonctionnement neurologique. Cette démarche diagnostique offre une cartographie précise du profil cognitif de la personne.
Une nuance fondamentale
Le Haut Potentiel Intellectuel n’est pas une « surdouance » ou des capacités intellectuelles supérieures. La personne HPI n’est pas « plus intelligente » ou n’a de meilleures performances académiques. C’est même quelquefois le contraire.
Le HPI est avant tout un mode de fonctionnement global : une façon particulière de penser, de ressentir, de percevoir le monde et d’être en relation avec lui. C’est une architecture neurologique différente qui se manifeste dans tous les aspects de la vie – émotionnel, sensoriel, relationnel, existentiel – et pas uniquement dans le domaine intellectuel.
C’est une vitesse de transmission au cerveau deux fois supérieure à la moyenne avec une distribution en arborescence. On parle de « cerveau à haut débit ». «
C’est cette compréhension profonde du fonctionnement HPI, au-delà des chiffres du QI, qui guide mon accompagnement thérapeutique.
Parce que je sais ce que cela signifie. Je connais intimement chaque aspect de ma description du HPI. J’ai traversé toutes ces étapes : le sentiment d’être « trop », l’incompréhension permanente, les tentatives désespérées de s’adapter, la culpabilité d’être différente, les périodes de révolte et celles où l’on va mal, très mal.
J’ai surtout trouvé comment apprivoiser cette particularité, comment l’assumer pleinement et en faire une force plutôt qu’un fardeau. J’ai appris à développer ce mode de fonctionnement unique au lieu de le réduire ou de le cacher.
Ce chemin n’a pas été simple. Il a demandé du temps, de la compréhension, des outils adaptés et essentiellement une reconnaissance personnelle profonde de cette différence – non comme un problème à résoudre, mais comme une façon d’être au monde qui a sa légitimité et sa richesse.
C’est précisément grâce à ce chemin parcouru que je peux vous accompagner.
Non pas depuis une position théorique ou distante, mais depuis ce lieu d’expérience vécue et transformée. Je connais les impasses, les fausses pistes, mais également les passages possibles vers un mieux-être authentique.
Mon accompagnement s’appuie sur cette double légitimité : celle de la thérapeute formée et expérimentée, et celle de la femme HPI qui a traversé ces épreuves et en a fait une ressource pour elle-même et pour les autres.
